De l'importance du discernement

 Dessin de Steve Nease (DR-paru dans http://www.durhamregion.com)
Dessin de Steve Nease (DR-paru dans http://www.durhamregion.com)

Alors que le nouveau président des États-Unis d'Amérique et son gouvernement ne cessent d'en appeler aux "alternative facts". Alors que journalistes et politologues s'inquiètent de la montée du discours "post-vérité". Et alors que le complotisme n'a jamais été aussi banalisé dans le discours public, il est peut être temps de remettre un peu de discernement et d'esprit critique dans notre compréhension du monde.

Et c'est ce que propose à chaque chapitre le cours d'Histoire-Géographie et dans une moindre mesure ce site complémentaire des dits cours.

Pour y voir un peu plus clair et mieux cerner les enjeux de ces phénomènes, la rubrique les Décodeurs du Monde est un premier outil adéquate. On y retrouve le travail de journalistes spécialisés dans ce que la presse anglo-saxonne nomme le "fact-checking", la vérification des faits.

C'est d'ailleurs dans cette rubrique que l'on retrouve un petit bréviaire des nouveaux termes politiques cités précédemment.

Le Monde propose aussi en cette période électorale une rubrique spécialisée dans l'information politique avec Le Décodex

Le journal Libération propose une rubrique similaire avec Désintox

Il y par exemple question du "post-vérité" ou "Post-truth, en anglais, fut le mot de l'année 2016, selon l'Oxford Dictionnary. Il se rapporte, explique la publication britannique, aux « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence sur l'opinion publique que ceux qui font appel à l'émotion ou aux croyances personnelles »".

Pour finir sur une note plus humoristique sur cette thématique, un cours métrage cité dans un article de La Croix au sujet des faits alternatifs et que l'on doit à Francine Desbiens et Bretislav Pojar. "Réalisateur tchèque en exil au Canada après l’écrasement du Printemps de Prague, Bretislav Pojar avait goûté à la répression de la police de la pensée totalitaire. Et en donne un aperçu animé dans un film qui n’a pas pris une ride".

Ce n'est pas sans rappeler le livre de F. Kafka Le procès paru à titre posthume en 1925.

De l'art du doute

Dessin de Vidberg (DR)
Dessin de Vidberg (DR)

Dans un soucis de mieux appréhender la notion d'esprit critique si cher aux yeux de votre enseignant, voici une vidéo issue de l'émission Voxpop d'Arte qui propose l'interview du sociologue Gérald Bronner. Il revient en quelques minutes sur la place prise par les théories du complot dans nos lectures numériques et sur les armes pour les contrer. Ces théories sont une réponse simpliste à un monde souvent jugé complexe. Pour s'en protéger, le sociologue propose d'avoir recours à l'art du doute, la zététique

 

Il souligne par là-même qu'il faut éviter de tomber dans 3 pièges tendus par les complotistes.

 

1. Ne pas croire aux corrélations (Ce n'est pas parce que 2 évènements arrivent simultanément qu'ils sont liés par un lien de causalité). 

 

2. Ne pas croire aux effets de dévoilement (Vouloir mettre en relation des évènements distincts qui non rien à voir les uns avec les autres pour montrer qu'il existe un plan "dans l'ombre").

 

3. Ne pas croire au "qui prodest", à "qui profite le crime" (Un groupe qui profite d'une situation n'est pas forcément celui qui est à l'origine de cette situation).

 

Et pour conclure, une citation d'un autre adepte de la zététique disparu, Pierre Desproges, qui répétait à l'envie que "la seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute". A méditer.

Dessin de Vidberg (DR)
Dessin de Vidberg (DR)

Dans un soucis de mieux appréhender la notion d'esprit critique si cher aux yeux de votre enseignant, voici une vidéo issue de l'émission Voxpop d'Arte qui propose l'interview du sociologue Gérald Bronner. Il revient en quelques minutes sur la place prise par les théories du complot dans nos lectures numériques et sur les armes pour les contrer. Ces théories sont une réponse simpliste à un monde souvent jugé complexe. Pour s'en protéger, le sociologue propose d'avoir recours à l'art du doute, la zététique

 

Il souligne par là-même qu'il faut éviter de tomber dans 3 pièges tendus par les complotistes.

 

1. Ne pas croire aux corrélations (Ce n'est pas parce que 2 évènements arrivent simultanément qu'ils sont liés par un lien de causalité). 

 

2. Ne pas croire aux effets de dévoilement (Vouloir mettre en relation des évènements distincts qui non rien à voir les uns avec les autres pour montrer qu'il existe un plan "dans l'ombre").

 

3. Ne pas croire au "qui prodest", à "qui profite le crime" (Un groupe qui profite d'une situation n'est pas forcément celui qui est à l'origine de cette situation).

 

Et pour conclure, une citation d'un autre adepte de la zététique disparu, Pierre Desproges, qui répétait à l'envie que "la seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute". A méditer.

L'interco késako ?

Dessins de Vindberg (DR)
Dessins de Vindberg (DR)



A l'heure où le choix des nouvelles régions fait encore débat au niveau national, une autre révolution territoriale avance à pas un peu plus feutrée, celle des intercommunalités. Pour tenter d'y voir un peu plus claire dans la perspective des chapitres de Premières sur les territoires de proximités voici quelques repères utiles.

  • Une vidéo (ci-dessous) de l'AdCF (Assemblée des Communautés de France) qui dépeint rapidement les enjeux et rôles à venir de ces nouvelles entités territoriales.
  • Un article de l'hebdo Angers mag qui revient sur la récente décision du préfet d'entériner le découpage des nouvelles interco du Maine et Loire et sur les débats que cela soulève (en prime la carte de ce nouveau maillage départemental).

L'Europe et la question migratoire

Dessin tiré de Libération.fr (DR)
Dessin tiré de Libération.fr (DR)

Alors que l'actualité s’alourdit chaque jour d'un macabre décompte du nombre de réfugiés  morts en tentant de passer les frontières européennes, il est utile de se demander comment l'UE en est arrivée là. C'est la démarche que proposait déjà le Dessous des Cartes en décembre 2013 avec l'émission "UE, migrants, frontières" (voir vidéo ci-dessous). 



En parallèle se pose la question du traitement médiatique de cette actualité et plus particulièrement de la bataille des mots et des images. Entre instrumentalisation de notions comme "réfugié" ou "migrant" et analyses complotistes autour des photos chocs de ces gens fuyant la guerre et le chaos comment garder un esprit critique et un tant soit peu objectif ? C'est le propos d'une autre émission du Dessous des Cartes qui revenait en 2007 déjà sur "Une histoire du droit d'asile". C'est aussi la mise au point du  UNHCR qui souligne l'importance de comprendre qui sont les "migrants" et les "réfugiés" :

  • "La confusion entre les réfugiés et les migrants peut avoir des conséquences graves sur les vies et la sécurité des réfugiés. Interchanger les deux termes détourne l'attention de la protection juridique précise dont les réfugiés ont besoin. Cela peut saper le soutien de la population pour les réfugiés et l'institution de l'asile à un moment où, plus que jamais auparavant, les réfugiés ont besoin d'une telle protection. Nous devons traiter tous les êtres humains avec respect et dignité. De plus, nous devons nous assurer que les droits fondamentaux des migrants sont respectés. Par le fait même, nous devons également agir de façon juridiquement appropriée en ce qui concerne les réfugiés, en raison de leur situation particulière".

A voir aussi la polémique née autour d'un dessin du dessinateur de presse Chaunu qui démontre une nouvelle fois l'importance d'éduquer au décryptage des dessins et photos dans un monde  connecté où le buzz prend le pas sur l'intelligence. C'est en substance l'analyse du philosophe Michel Onfray :

  • "Chacun connaît l’adage chinois : « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ». Quand votre dessinateur Emmanuel Chaunu, qui est aussi mon ami, dessine l’enfant kurde échoué sur une plage turque avec pour texte : « Rentrée des classes », il faut comprendre que, pendant que nos enfants effectuent leur rentrée scolaire en paix, d’autres  sur la planète n’ont pas cette chance et que ce petit garçon mort, le visage enfoui dans le sable,  nous le rappelle tragiquement.

C’était un dessin de compassion pour l’enfant et d’ironie sur nous mêmes, nous qui nous prenons pour le centre du monde avec nos problèmes mesquins. 


Les idiots ont été légion qui ont crié à ce contre quoi on crie désormais sur les réseaux sociaux : racisme, lepénisme, xénophobie, beaufitude, etc. Menace de mort, insultes, invectives, l’habituelle panoplie.


Or dans une civilisation où le fou a autant le droit de donner son avis que le sage, sinon plus, la loi est faite par la majorité qui est moins constituée de sages que de fous.
Le normand Marcel Duchamp a dit un jour : « C’est le regardeur qui fait le tableau ». Il ouvrait ainsi grand la porte à l’art contemporain. Autant dire que si le regardeur est un sage, il verra sagement ce que le sage y a mis ; en revanche, si le regardeur est un sot, il regardera sottement et il verra bêtement la sottise qu’il y met.  


Un dessin de presse suppose toujours des prérequis : de l’intelligence, de l’humour, de la subtilité, de la culture, des références. Emmanuel Chaunu n’en manque jamais ; chez ses regardeurs tout ou partie de cela peut hélas faire défaut. 
Quand le sot ne voit dans le dessin que ce qu’il y met et que ce qu’il y met est aussi pauvre que lui, le dessin lui paraît pauvre. Est-ce la faute du dessin ? Oui dit le fou. Mais le sage sait bien que non".

Le Dessous des Cartes, "UE, migrants, frontières" (2013) (DR)

"Le monde selon..."

A mettre en relation avec le chapitre sur Médias et opinion publique des Terminales, cet article paru sur le site Rue 89 titré : "le monde selon BFMTV". Un regard critique et sociologique sur celle qui est devenue ces dernières années la première chaîne d'infos en continues de France.

 

"Regarder BFMTV est une expérience. Où l’on ressent des choses, mais qu’il n’est pas toujours facile de décrire. Sur la proposition de ses rédacteurs, nous avons eu envie de passer ce texte qui tente d’objectiver un peu la manière dont BFMTV construit « l’information ».

A noter que ce papier a été rédigé par Michaël Pichat, maître de conférences en psychologie, et certains de ses étudiants : Elodie Gilliot, F-Anne Ray, Coline Delavelle, Martin Brygo. Xavier de La Porte".

 

En sus, un autre article paru en 2012 sur le site du magazine Marianne sur La couleur politique des médias en France : "Dis moi ce que tu lis/regardes, je te dirais pour qui tu votes".


Schématiser la mondialisation...

Pour pallier à l'absence du professeur et entrainer un peu le travail conceptuel des Terminales, voici un schéma général sur la mondialisation. Vous y retrouverez, en plus des notions clefs, des émissions du Dessous des Cartes (DR) illustrant un point particulier.

Bonne visualisation.


F. Erre (DR) in Une année au Lycée (Dargaud, 2014)
F. Erre (DR) in Une année au Lycée (Dargaud, 2014)







C'est avec quelques semaines de retard que j'ouvre la page de cette nouvelle année scolaire placée comme les précédentes sous les signes de l'apprentissage de trucs super intéressants, de l'acquisition d'une méthodologie de dingue et de la préparation d'un petit examen en vue d'une orientation post-secondaire pas encore trouvée...

Une nouvelle année bien chargée quoi.

Bon courage à tous et surtout, surtout ne me demandez pas "à quoi ça va nous servir tous ça", car la culture ça ne sert à rien ce qui est déjà beaucoup.