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Si les mots ne permettent pas toujours de retranscrire l’indicible, les images et surtout la foultitude de rumeurs qui circulent sur la toile non plus. Alors quelques articles à lire pour recadrer les choses et quelques conseils pour éviter de tomber dans le sensationnalisme et pire encore.

 

Sur Le Monde, à lire :

"Voici quelques conseils de base pour rester prudents avant de relayer les « informations » que vous voyez circuler sur les réseaux sociaux et dans les médias :

  • Partez du principe qu’une information donnée sur le web par un inconnu est par défaut plus fausse que vraie.
  • Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus. Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies. Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent s’avérer par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi.
  • Une photo n’est jamais une preuve en soi, particulièrement quand elle émane d’un compte inconnu. Elle peut être ancienne, montrer autre chose que ce qui est dit, ou être manipulée.
  • Un principe de base est de recouper : si plusieurs médias fiables donnent la même information, elle a de bonnes chances d’être avérée.
  • Méfiez-vous aussi des informations anxiogènes (type « ne prenez pas le métro, un ami a dit un autre ami que la police s’attendait à d’autres attentats », un message qui tournait apparemment samedi matin) que vous pouvez recevoir via SMS, messages de proches, etc, et qui s’avèrent fréquemment être des rumeurs relayées de proche en proche, sans réelle source."

A écouter ci-dessous l'analyse pertinente de Jean-Pierre Filiu, universitaire spécialiste de l'Islam contemporain, interrogé sur France Inter samedi dernier.

A revoir le vidéo pédagogique et géopolitique des journalistes du Monde sur l'organisation Daech.

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L'interco késako ?

Dessins de Vindberg (DR)
Dessins de Vindberg (DR)



A l'heure où le choix des nouvelles régions fait encore débat au niveau national, une autre révolution territoriale avance à pas un peu plus feutrée, celle des intercommunalités. Pour tenter d'y voir un peu plus claire dans la perspective des chapitres de Premières sur les territoires de proximités voici quelques repères utiles.

  • Une vidéo (ci-dessous) de l'AdCF (Assemblée des Communautés de France) qui dépeint rapidement les enjeux et rôles à venir de ces nouvelles entités territoriales.
  • Un article de l'hebdo Angers mag qui revient sur la récente décision du préfet d'entériner le découpage des nouvelles interco du Maine et Loire et sur les débats que cela soulève (en prime la carte de ce nouveau maillage départemental).
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L'Europe et la question migratoire

Dessin tiré de Libération.fr (DR)
Dessin tiré de Libération.fr (DR)

Alors que l'actualité s’alourdit chaque jour d'un macabre décompte du nombre de réfugiés  morts en tentant de passer les frontières européennes, il est utile de se demander comment l'UE en est arrivée là. C'est la démarche que proposait déjà le Dessous des Cartes en décembre 2013 avec l'émission "UE, migrants, frontières" (voir vidéo ci-dessous). 



En parallèle se pose la question du traitement médiatique de cette actualité et plus particulièrement de la bataille des mots et des images. Entre instrumentalisation de notions comme "réfugié" ou "migrant" et analyses complotistes autour des photos chocs de ces gens fuyant la guerre et le chaos comment garder un esprit critique et un tant soit peu objectif ? C'est le propos d'une autre émission du Dessous des Cartes qui revenait en 2007 déjà sur "Une histoire du droit d'asile". C'est aussi la mise au point du  UNHCR qui souligne l'importance de comprendre qui sont les "migrants" et les "réfugiés" :

  • "La confusion entre les réfugiés et les migrants peut avoir des conséquences graves sur les vies et la sécurité des réfugiés. Interchanger les deux termes détourne l'attention de la protection juridique précise dont les réfugiés ont besoin. Cela peut saper le soutien de la population pour les réfugiés et l'institution de l'asile à un moment où, plus que jamais auparavant, les réfugiés ont besoin d'une telle protection. Nous devons traiter tous les êtres humains avec respect et dignité. De plus, nous devons nous assurer que les droits fondamentaux des migrants sont respectés. Par le fait même, nous devons également agir de façon juridiquement appropriée en ce qui concerne les réfugiés, en raison de leur situation particulière".

A voir aussi la polémique née autour d'un dessin du dessinateur de presse Chaunu qui démontre une nouvelle fois l'importance d'éduquer au décryptage des dessins et photos dans un monde  connecté où le buzz prend le pas sur l'intelligence. C'est en substance l'analyse du philosophe Michel Onfray :

  • "Chacun connaît l’adage chinois : « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ». Quand votre dessinateur Emmanuel Chaunu, qui est aussi mon ami, dessine l’enfant kurde échoué sur une plage turque avec pour texte : « Rentrée des classes », il faut comprendre que, pendant que nos enfants effectuent leur rentrée scolaire en paix, d’autres  sur la planète n’ont pas cette chance et que ce petit garçon mort, le visage enfoui dans le sable,  nous le rappelle tragiquement.

C’était un dessin de compassion pour l’enfant et d’ironie sur nous mêmes, nous qui nous prenons pour le centre du monde avec nos problèmes mesquins. 


Les idiots ont été légion qui ont crié à ce contre quoi on crie désormais sur les réseaux sociaux : racisme, lepénisme, xénophobie, beaufitude, etc. Menace de mort, insultes, invectives, l’habituelle panoplie.


Or dans une civilisation où le fou a autant le droit de donner son avis que le sage, sinon plus, la loi est faite par la majorité qui est moins constituée de sages que de fous.
Le normand Marcel Duchamp a dit un jour : « C’est le regardeur qui fait le tableau ». Il ouvrait ainsi grand la porte à l’art contemporain. Autant dire que si le regardeur est un sage, il verra sagement ce que le sage y a mis ; en revanche, si le regardeur est un sot, il regardera sottement et il verra bêtement la sottise qu’il y met.  


Un dessin de presse suppose toujours des prérequis : de l’intelligence, de l’humour, de la subtilité, de la culture, des références. Emmanuel Chaunu n’en manque jamais ; chez ses regardeurs tout ou partie de cela peut hélas faire défaut. 
Quand le sot ne voit dans le dessin que ce qu’il y met et que ce qu’il y met est aussi pauvre que lui, le dessin lui paraît pauvre. Est-ce la faute du dessin ? Oui dit le fou. Mais le sage sait bien que non".

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